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Rugby : l'incroyable retour de Jonah LOMU à Marseille Vitrolles

Publié le 28 aout 2009

LA PROVENCE.FR - 28 Juin 2009

Après trois ans sans compétition, le Néo-Zélandais devrait porter les couleurs de Marseille-Vitrolles.

Jonah Lomu sur la pelouse du modeste stade Jules-Ladoumègue avec, sur le dos, le maillot de Marseille-Vitrolles, disputant un match officiel en Fédérale 1. L'image peut paraître pour le moins surréaliste et pourtant, le rêve est en passe de se concrétiser.

Phénomène du rugby mondial au milieu des années 90, l'icône des All Blacks a connu un coup d'arrêt brutal. Un problème rénal décelé en 1996 l'avait éloigné des terrains. D'abord placé régulièrement sous dialyse, il subit une greffe en 2004.

Malgré le scepticisme général et les mises en garde des médecins, il retrouve la compétition, l'année suivante, avec les Cardiff Blues, avant de rentrer en Nouvelle-Zélande en 2006. S'il a depuis mis sa carrière entre parenthèses, son retour sur les terrains se précise depuis quelques mois. Et la France a sa préférence.

Néanmoins, malgré quelques approches restées sans lendemain avec le Stade Français ou encore le Métro Racing à la fin de l'année 2007, une arrivée en Top 14, voire en Pro D2, est pour lui inenvisageable. Car pour un joueur de ce calibre, revenir et être cantonné dans un rôle de remplaçant est inconcevable. C'est là que la piste Marseille-Vitrolles prend tout son sens.

Le club, qui évolue en Fédérale 1, a clairement affiché son intention d'accéder à la Pro D2 à la fin de la saison prochaine. Ainsi, il n'a pas lésiné sur les moyens sportifs et financiers pour arriver à ses fins même si, selon nos informations, Lomu n'aurait pas fait de son arrivée une question d'argent. Les premiers contacts sont noués au début du mois, à Paris, où l'ancien All Black est présent pour participer à l'Eden Park Beach Rugby à Bercy.

La manifestation se déroule la veille de la finale du Top 14, à laquelle Claude Atcher, président du directoire de Marseille-Vitrolles, doit assister. Mis en relation par une connaissance commune, les deux hommes se rencontrent et tombent rapidement d'accord sur l'essentiel, à savoir une proposition de contrat de deux ans avec une option d'une année supplémentaire. Un contrat que le joueur devrait venir parapher à Marseille dans les prochains jours.

Assuré de bénéficier d'un retour remarqué en évoluant dans la deuxième ville de France, Lomu a également eu des garanties sur le staff avec la présence d'Alain Hyardet (ex-Montpellier, Top 14) et sur un groupe compétitif, dont fait notamment partie Isitolo Maka (4 sélections chez les All Blacks), qu'il a côtoyé en sélection néo-zélandaise. "S'il veut revenir, c'est parce qu'il ne veut pas s'avouer vaincu par la maladie. Mentalement, il est programmé pour rejouer", confie une source proche du dossier.

Ainsi, il s'est astreint depuis neuf mois à un entraînement intensif, où il s'est renforcé musculairement afin de minimiser les risques pour son greffon. Reste pour lui à se rapprocher de son poids de forme (119 kg, contre 130 actuellement, un écart dû en grande partie à sa prise de masse musculaire). Même si sur le terrain il n'est sans doute plus le phénomène qu'il a été au début de sa carrière, Jonah Lomu bénéficie d'une aura intacte dans le monde du rugby mais aussi auprès d'un public non initié.

D'un point de vue médiatique, Marseille-Vitrolles, placé entre le RC Toulonnais et le Pays d'Aix Rugby Club qui vient d'accéder à la Pro D2, réussirait donc l'un des plus gros coups du mercato. Pour autant, le club avance désormais à découvert et sera attendu de pied ferme sur tous les stades cette saison. L'opération est également un véritable challenge pour Jonah Lomu.

Ses percées fulgurantes et dévastatrices au niveau international restent dans toutes les mémoires et son image pourrait être écornée s'il n'était pas en mesure d'apporter sportivement un plus à une équipe de Fédérale 1. Les deux parties sont prévenues des risques et il s'agit pour elles d'un véritable pari. Mais le jeu en vaut la chandelle.

Par Éric Breton ( ebreton@laprovence-presse.fr )